CONCLUSION.

«Quelle contribution réelle la Résistance, les Résistances en Europe occupée, ont-elles apporté aux forces alliées, à la lutte contre le nazisme? Quelle influence aura l'esprit de la Résistance sur les structures de la France nouvelle émergeant de quatre ans d'humiliation et de souffrance ? Quelle place sera faite dans les institutions rénovées aux différents courants de la pensée de l'action résistante ? Les buts de la Résistance seront-ils servis ou trahis, une fois atteint l'objectif premier: la libération du territoire ? (...)

Sans revenir aux déclarations alliées officielles sur l'aide que la Résistance a apportée aux forces militaires après le débarquement de Normandie, sans refaire une fois de plus la statistique des sabotages des voies ferrées ou des locomotives rendues inutilisables, des nazis battus, des messages radio ou des courriers échangés avec Londres, des parachutages, on peut dire que la Résistance a constitué, pour ceux qui la vivaient en France ou dans les autres pays d'Europe occupée, une prise de conscience de l'impossibilité où se trouvent des humains dignes de ce nom de laisser perpétrer le crime contre l'homme que représentait le nazisme. Une prise de conscience qui a couté cher, que certains ont oubliée, la guerre finie, mais qui a changé la destinée de ceux qui ont survécu aux combats, aux camps de déportation, à la lutte clandestine. Si les luttes d'après-guerre ont brisé l'unanimité de la Résistance, si elle abonde en souvenirs douloureux, elle représente un moment privilégié de la vie de ceux qui ont pu mener la lutte jusqu'au bout. Ils auront parfois la nostalgie de ces «temps menacés», une fois retrouvés la chaire, le laboratoire, l'atelier ou l'usine, parce que ces temps se confondent avec leur jeunesse, ou avec l'espoir qu'ils revaient d'une ère nouvelle, d'une humanité reconciliée. Ce rêve donnait des accents inoubliables à la littérature de la Résistance, aux lettres des derniers adieux. Le vent de l'histoire, depuis 1945, déchire ou fait renaître, de continent en continent, le modeste espoir des résistants d'hier: une terre sans parias et sans haine.»

«La Résistance»

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