Les premières convergences de la Résistance

Lecture: De Munich à la Libération, Jean-Pierre Azéma, Points, pp 125 - 129

 

Aux débuts de la Résistance, en 1940, les actes des résistants étaient symboliques, le résultat d'une action individuelle, plus ou moins par chance. Dès 1941, la Résistance s'est organisée.

Les «Résaux» étaient des organisations militaires qui faisaient un travail militaire précis: l’assemblement de renseignements, activités de sabotage, aide à l'evasion des prisoniers de guerre (surtout les pilotes d'avions).

Les «Mouvements» aussi avaient des objectifs concrets mais étaient plûtot des organisations politiques de propagande qui voulaient rassembler les Français pour la Résistance.

Les réfractères à titre individuel étaient les premiers résistants: tous seuls, ils ont commis un acte de résistance contre les Allemands. Par exemple, il y a eu Jean Moulin qui a refusé de signer un texte déshonorant pour l'armée (préférant de se couper la gorge!); Vieljeux, Maire de la Rochelle qui a refusé d'amener le drapeau; Pierre Roche qui a été fusillé pour le sabolage d'un cable téléphonique; Karp Israël qui, aussi, a été fusillé pour avoir levé le poing en manifestation contre les troupes allemandes; Paul Koepfler a aidé 120 personnes menacées à s’échapper; Jean Texcier a publié ses «Conseils à l'occupé» (propagande de résistance)...

Les premières activitées organisées se sont passées en hiver 1940-41. Les réfractaires ont commencé à héberger un prisonier évadé ou à recopier de la propagande, à passer un journal clandestin...

Jacques Renouvin avait peint «Je n'aurais pas collaboré» sur une statue équestre de Louis XIV comme action individuelle. Après il a formé un groupe de Résistants («Corps Francs») qui a intervenu directement contre les collaborateurs.

En «Zone Nord», on peut surtout voir des sabotages organisés des installations militaires allemandes (par exemple, dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, il y avait eu 51 sabotages en décembre 1940!). Entre le 26 mai 1941 et le 7 juin, trois quarts des mineurs de ces deux départements ont fait la grève.

Ces organisations ont dû faire face à un grand nombre de problèmes: le plus grand était, bien sûr, celui de la dénonciation et de la trahison.


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