Charles de Gaulle

De Gaulle Vu d'Ailleurs

 

Une certaine idée de la France

La France à la fin du siècle dernier. Une classe moyenne prospère et conservatrice affiche son ardent patriotisme après la défaite de 1870 et considère la France comme le berceau de la civilisation.

C'est dans cette ambiance que nait Charles de Gaulle en Novembre 1890. Il grandit dans une famille catholique pratiquante imprégnée d'un sens aigü de l'histoire et la nostalgie d'un grand passé. Ainsi la jeunesse de de Gaulle a été nourrie d'une foi qu'il conservera toute sa vie: cette croyance romantique et presque mystique dans la gloire de son pays. Il l'appelait «une certaine idée de la France».

Pour lui, le métier des armes est le garant de la grandeur de la patrie. Dès son plus jeune âge, il sait qu'un jour il sera un grand général. A 19 ans il entre à l'école militaire.

1940. Déroute de l'armée française. Le Maréchal Pétain arrive au pouvoir. L'Armistice va être signé...

De Gaulle refuse l'Armistice. Il veut que la France continue la guerre. A partir du 18 juin, il adresse de Londres par radio une série d'appels aux Français.

«La défaite française a été causée par la force mécanique, aérienne et terrestre de l'ennemi. Nous croyons que l'honneur des Français consiste à continuer la guerre aux côtés de leurs alliés et nous sommes résolus à la faire.»

L'Appel du 18 juin 1940.

«J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre. Vive la France, libre dans l'honneur et dans l'indépendance.»

Le gouvernement de Pétain réagit rapidemment à l'activité de de Gaulle à Londres. Jugé par contumace, il est dégradé et condamné à mort.

Dans ses mémoires, de Gaulle décrit ainsi cette période: «Je sentais en moi se terminer une vie, celle que j'avais menée dans le cadre d'une France solide et d'une indivisible armée. A 49 ans, j'entrais dans l'aventure comme un homme que le destin jetais hors de toutes les séries.»

Churchill mit à la disposition de de Gaulle et de ses combattants argent et armes.

L'homme privé.

Il voulut aussi faire de lui une figure populaire. Quand les journalistes vinrent le filmer, de Gaulle grommela: «Churchill me vend comme une savonnette.» Maladroits devant les caméras, de Gaulle et sa femme Yvonne préservaient jalousement leur vie privée.

Les de Gaulle aimaient vivre en famille, se consacrant à leurs trois enfants et en particulier à la plus jeune, Anne, handicappée mentale. De Gaulle lui consacrait beaucoup de temps. «Cette enfant était aussi une grâce» a-t-il dit. «Elle m'a aidé à dépasser tous les échecs et tous les hommes, à voir plus haut.»

La Libération de Paris.

Le 25 âout, les troupes françaises entrent dans Paris. De Gaulle y arrive le soir même pour prononcer un des discours les plus émouvants de sa vie.

«Hommes et femmes qui sommes ici, qui sommes ici, chez nous dans Paris, levés debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains. Non, nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée; il y a là des minutes nous nous sentons tous qui dépassent chacune de nos pauvres vies. Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré. Libéré par lui même, libéré par son peuple avec le concours des armés de la France avec l'appui et le concours de la France tout entière c'est-à-dire de la France qui se bat, c'est-à-dire de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.»

 


Transcription de l'émission télévisée - De Gaulle Vu d'Ailleurs

 

Retour à la première page.