LA FRANCE LIBRE

LA FRANCE LIBRE

Celle-ci est née du ralliement au géneral de Gaulle des premiers résistants partis de France: officiers, hommes politiques, membres des ambassades, professeurs éparpillés dans le monde et qui l'ont rejoint aux premiers jours. Pour que de Gaulle incarne aux yeux des alliés l'idée de la France et de la Résistance, il a fallu d'abord que, sans ressource, sans armée, il fasse admettre par l'Angleterre les buts poursuivis par la France libre.

Ceux qui se sont regroupés autour de lui n'ont pas tous la même idéologie, les mêmes conceptions de l'avenir, les mêmes raisons d'opposition à Vichy. De Gaulle réussira au long des années, et non sans peine, à faire admettre par les alliés qu'il incarne la France résistante et à obtenir peu à peu les subsides nécessaires, d'abord de l'Angleterre (accord du 7 aout 1940), puis des Etats-Unis qui, en 1943 incluront les Forces françaises libres dans les bénéficiaires de l'accord prêt-bail. L'U.R.S.S. en guerre à partir du 22 juin 1941, reconnaitra à son tour la France libre.

D'après Henri MICHEL «Histoire de la Résistance» (P.U.F.)
Voir la biographie du général de Gaulle et sa photo


LE FRANÇAIS DE LONDRES

«Si l'on fait le portrait du Français de Londres (Français Libre, Free French) de cette époque, on campe un homme jeune, ce qui ne doit faire oublier ni les femmes volontaires de la France libre, ni tel marin pêcheur plus que sexagénaire, tel parachutiste de cinquante ans et tant d'adolescents, évadés par milliers de France, qui commandaient une section, combattaient et parfois mouraient avec elle (...). Les origines sont les plus diverses, du civil au militaire, du laïc au religieux: intellectuels, paysans, aristocrates, ouvriers, bourgeois, anciens de la Ligue d'action universitaire, Croix de Feu, étudiants d'Action française, des Jeunesses chrétiennes ouvrières ou agricoles, des Jeunesses patriotes, des Jeunesses communistes (...). Toutes les categories des fils de France sont présentes à ce rendezvous-là.

Voilà cet homme jeune venu de France, vivant parmi les Anglais que géneralement il connait mal. Malgré sa jeunesse mais souvent, aussi, à cause d'elle, il souffre: il a quitté les siens..., ses parents..., ses enfants et sa femme. Il a laisse derrière lui sa carrière, l'activité qui le faisait vivre. Par patriotisme, il a fait un choix, généralement insolite pour un enfant de notre terroir: il a choisi l'aventure (...).

La vie quotidienne est sévère: c'est la guerre: ce sont les restrictions (beaucoup de choux de Bruxelles et peu de vin rouge); à Londres, dans les grandes villes et dans les ports, ce sont les bombardements qui tuent douze heures par jour (...).

En attendant, on part demain matin pour le Tchad, pour la Syrie, pour Bir Hakeim. pour la mer froide de Mourmansk ou pour la FLAK de la vallée du Rhin.

Et comme cela, pendant quatre ans -- mais, vraiment, pour quelque chose... Et tu verras que le Grand Charles finira bien par nous ramener là-bas... - Là bas, pudiquement, c'est la France.

Mais le plus authentique portrait du Français de Londres, à cette époque, est celui d'un homme jeune, en effet, qui avait tout laissé, qui voulait follement tout retrouver et qui est mort avant, dans le sable, dans la mer ou dans le ciel, loin de ses roses et du petit enfant qui avait grandi en l'attendant.»

Jean MARIN «Vie et mort des Français» (Hachette, 1971)

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