Lecture: De Munich à la Libération, Jean-Pierre Azéma, Points, pp 169 - 170
Des Résistants, on se rappelle surtout d'un mélange d'agent secret, de justicier ou de hors-la-loi. On croit surtout que tous les Résistants étaient des hommes ou des femmes d'action, qui faisaient sauter des trains, pratiquaient des vols à main armée, qui utilisaient leurs armes souvent en plein combat contre les Allemands.
La réalite était toute différente: c'était une vie dangeureuse mais pas rocambolesque. Les Résistants fabriquaient ou distribuaient des tracts ou des journaux, recueillaient des renseignements et passaient des messages.
Les Résistants etaient, pour la plupart, des gens qui maintenaient une vie normale, travaillaient toujours et vivaient chez eux, dans leur famille.
Tous les Résistants ont connu la faim, la peur, l'insécurité. Ils ont beaucoup dépensé d'énergie et souvent étaient traqués par la Milice ou les Allemands; et beaucoup ont été arrêtés et tortures.
Le Résistant a dû apprendre à être ponctuel (un retard pouvait résulter en la mort pour lui ou un autre), à repérer les bons endroits comme lieux de rencontre, à se méfier des gens.
I1 devait être discret, patient, méfiant et chanceux.
C'étaient ceux qui étaient matamoles, bavards ou glorieux qui étaient dangeureux. Les Allemands pouvaient les utiliser, même à leur insu, pour arrêter d'autres Résistants.
Ce sont les «pianistes» (opérateurs radio au code Morse) qui sont les figures singulières de la Résistance Intérieure.
Ils ont dû opérer sous des conditions incroyables: souvent à la limite de la sécurité. Souvent, ils ont payé le prix: ils ont été arrêtés en plein travail.
Le Maquisard était souvent un migrateur, vivant de bric et de broc, l'été dans des campements forestiers, l'hiver dans des granges ou des châlets isolés.
Rare dans le maquis était la bonne organisation qui pouvait être assez stricte ou souple pour faire face à toute mauvaise surprise.
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