"Je voudrais ce soir, dire aux femmes de France, de cette France héroïque et glorieuse, qui défend en ce moment non seulement son propre sol, mais les libertés du monde entier, les sentiments d'affection, et d'admiration, que leurs souffrances et leur courage éveille en nos coeurs.
Nous nous inclinons devant les chefs et les soldats de l'armée française, qui se battent avec une ardeur et une ténacité qui n'ont jamais été égalées dans l'histoire, mais nous pensons aussi aux femmes françaises, qui suivent avec angoisse, le déroulement de cette lutte immense, dans laquelle sont engagés leur fils, leurs époux, et leurs frères.
Je souffre aujourd'hui comme vous, avec vous, je pense sans cesse à ces beaux jours d'été, pendant lesquels, il n'y a pas tout à fait deux ans, Paris s'était parée de tant de charme, pour recevoir le roi et la reine d'Angleterre, avec un enthousiasme et une générosité qui nous avaient profondément touchés.
Le peuple français, s'était associé à l'accueil que nous faisait votre gouvernement. J'avais senti le coeur des femmes de France battre alors tout près du mien.
C'est à ces femmes que je veux dire, en ces jours douloureux, très simplement, que leurs malheurs sont nos malheurs.
Il y a quelques jours, j'ai visité dans nos hôpitaux des blessés et malades français revenus de Dunkerque, à chacun d'eux, je disais quelques mots en français et demandais des nouvelles de sa blessure, tous et même les plus gravement atteints, me répondaient presque gaiement par une courte phrase: ça va.
Je crois, de tout coeur, qu 'après les mauvais jours, un temps
viendra où nos deux peuples, ayant à force d'endurance et
de travaille, rattrappé le retard de leurs armements, pourront eux
aussi se dire l'un à l'autre: maintenant, ça va."
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